L’année 2008 n’est pas la meilleure saison qu’a connu les producteurs de fraises du Québec.
Les producteurs de fraises de l’Outaouais s’en sortent relativement bien
Plusieurs personnes sont d’accord pour dire que le mois de juin n’aura pas été des plus ensoleillés, et qu’il aura apporté son lot d’averses et d’orages. Une chose qui a nui jusqu’à un certain point, un peu partout en province, aux producteurs d’un petit fruit fortement apprécié et qui arrive à pleine maturité ces temps-ci: la fraise.
Dans cette optique, La Revue a sondé le terrain et a interrogé trois producteurs locaux afin de dresser un portrait de la situation dans la région de l’Outaouais.
Le propriétaire du Potager Eardley, dans le secteur Aylmer, Dany Lachaine, estime qu’il n’y a pas lieu de s’alarmer à un haut niveau, même si la saison ne passera pas à l’histoire comme étant l’une des plus exceptionnelles. «On note un peu de pertes, mais ce n’est quand même pas catastrophique. Les gens sont quand même au rendez-vous pour l’autocueillette», dit-il, ajoutant qu’il était grand temps que les jours pluvieux fassent place à davantage de soleil pour aider la situation. «Les fraises ont besoin d’eau, oui, mais trop c’est comme pas assez», mentionne-t-il.
Pour sa part, le propriétaire de la ferme Alain Patry, Jean-Pierre Patry, qualifie de moyenne la récolte de fraises en ce début d’été. «Il y a eu trop de pluie. Il y a un peu de moisissure sur certaines fraises», commente celui qui est aux commandes de cette ferme située à L’Ange-Gardien et où le public peut faire de l’autocueillette de fraises autant que de framboises. M. Patry croit par contre que le tout va revenir dans l’ordre progressivement avec la belle température.
Même son de cloche en ce qui concerne le propriétaire de la Fraisière D&C Bélair et Fils, Jean-François Bélair, qui croit que la récolte s’est quand même très bien déroulée jusqu’à présent cette année. «Il y a beaucoup de fraises vertes à cause du manque de soleil, et elles sont moins grosses», lance-t-il. Cependant, à son avis, il s’agit d’une situation qui peut changer rapidement, d’un côté comme de l’autre, selon les humeurs de Dame Nature dans les prochains jours.
Notons que selon la variété, la saison de maturation des fraises s'étend de mai jusqu’à septembre, mais plusieurs producteurs les cultivent aussi en début de période automnale. Selon l’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec, la fraise constitue la troisième plus importante industrie fruitière du Québec, derrière la pomme et le bleuet. La province étant au premier rang en la matière au Canada, le Québec compte plus de 700 producteurs qui cultivent plus de 2 300 hectares de fraises. Au total, plus de 15 000 cueilleurs sont engagés chaque année pour ramasser ces petits fruits rouges.